ESPOIR.
<< Pas besoin de vous rappeler que ma vie était devenu un vrai merdier.
Mais j'avais la chance d'avoir à mes côtés un rayon de soleil.
Elle était toujours là, elle me réconfortait et ce durant ces quatre mois.Son ventre était devenu rond, sa peau était devenu plus éclatante, elle était radieuse !
Malgré tout, j'avais quand même envoyé ce que Madina m'avait demandé.
Oui ! J'avais décidé de croire en elle plutôt qu'en sa tante qui voulait sûrement ma mort.Je lui avait écrit également pour lui annoncer que Rubis était enceinte et lui demander si sa solution prennait la grossesse en compte mais elle ne m'avait pas répondu. D'ailleurs c'etait comme si elle avait encore disparu.
Après, je comprenais ses agissements... Il ne fallait pas que sa tante apprenne qu'elle était en train de m'aider.
Mais, ma femme allait tellement bien que je commençais à me demander si cette histoire de malédiction n'était pas un mythe finalement.
On était donc au matin de mon anniversaire et Rubis fut la première à se lever.
Elle était tellement excitée à l'idée de pouvoir organiser une fête pour moi.
Elle avait plein d'énergie à dépenser et la voir ainsi me rendais heureux.Après avoir pris ma douche et avoir pris mon petit-déjeuner, elle m'accompagna jusqu'à ma voiture et me chassa presque. Je n'avais pas le droit de revenir tant qu'elle ne m'avait appelée.
Arrivé au travail, mes collègues m'avaient accueilli avec des joyeux anniversaires et un gâteau assez délicieux.
La journée se passa dans la bonne humeur et à l'heure de rentrer, j'allais m'asseoir avec le gardien pour bavarder un peu vu que je ne pouvais pas rentrer.
Pendant que je patientais, mon smartphone à la main et la joie au cœur, celui-ci se mit à vibrer. C'était le numéro de la maison qui s'affichait.
• Allô, dis-je avec enthousiasme.
• Oui allô, monsieur.
C'était le gardien et sa voix ne contenait aucune joie.
• Oui Ali, qu'est ce qu'il y a ?
• monsieur, c'est madame... Elle...
• Elle quoi ? dis-je en me levant brusquement de ma chaise.
• Elle s'est évanouie. Madame Aby et la gouvernante l'ont emmené à la clinique.
Sans même raccrocher mon téléphone, je saisis mes clés de voiture avant de courir vers celle-ci.
Je conduisais à vive allure tout en priant pour que ça ne soit rien de grave.
Une fois à la clinique, j'allais directement vers l'accueil.
— Effectivement, nous avons reçus votre épouse ici il y a une heure ! me répondit la réceptionniste en manipulant son ordinateur.
— Est-ce que je peux la voir ?
— Il vous faudra patienter quelques minutes monsieur, le docteur s'occupe d'elle.
Je retirais ma veste avant d'aller m'asseoir sur l'une des nombreuses chaises qui longeaient le mur beige.
La tête entre les mains, elles mêmes posées sur mes cuisses, je pensais à ma perle quand une main délicate se posa sur mon épaule.
— Aby !
— Grand frère !
—Que s'est-il passé ? demandais-je en la regardant s'asseoir.
— On était dans la cuisine quand elle a commencé à paniquer. Elle disait voir une fille qui la menaçait avec une corde, m'avoua-t-elle.
— Une fille ? Une corde ? Menacer ?
— Je n'ai peut-être pas vu cette chose, mais je l'ai senti. Elle n'a pas déliré ! m'assura la jeune femme.
Cette histoire me fit froid dans le dos.
Intérieurement, je suppliais Dieu pour qu'il ne permette pas qu'on m'enlève ma femme et mon enfant.
Un médecin s'avança dans le couloir et demanda la famille de Rubis.
Il nous annonça qu'elle allait bien et que nous pouvions la voir.
Après avoir passé quelques minutes avec nous, Aby s'en alla avec Ali qui était venu me donner des vêtements de rechange.
Rubis était éveillée, couchée sur le matelas d'une place et couverte à l'abdomen par un drap blanc.
Je lui caressais délicatement le revers la main tandis qu'elle fixait le plafond.
Elle était pensive et j'aurais aimé entrer dans sa tête pour savoir à quoi elle pensait. Je voulais lui parler, briser ce silence, mais quand j'ouvrais la bouche, rien n'en sortait comme son.
— L'enfant d'Aby était censé nous enlever l'envie d'en avoir un, il était censé nous combler et m'enlever l'envie de porter mon propre enfant, dit-elle toujours en fixant le plafond.
— j'y ai aussi pensé, répondis-je.
— Mais ce qu'elle ignorait c'était que quel que soit l'amour que je porte au petit Lucas en ce moment, j'aurais quand même voulu avoir le mien.
— Rubis, dis-je.
Mais aucune phrase ne suivit.
Elle posa les yeux sur moi et ceux-ci étaient humides, sa bouche était sèche et son regard était pénétrant.
— Elle ne devrait pas se sentir coupable tout comme moi, je ne me sens pas coupable d'être enceinte, reprit-elle.
Elle me prit la main et me regarda intensément.
— Je vais garder ce bébé quitte à y laisser ma vie !
Sa phrase résonna comme un écho dans mes oreilles.
Elle voulait dire quoi par là ?
Si elle croyait que j'allais la laisser partir, elle se leurrait.
Je me sentais tellement coupable, j'avais tellement mal. Le simple fait de l'imaginer morte me rendait complètement fou. Mon cœur se mettait à battre à vive allure, j'avais le vertige...