Ça te dit un plan à trois ?
Toi, moi et le bonheur.___
Quitter les bras de Clay n'est pas facile.
Mais je dois le faire car mille et une choses cogitent dans ma tête.Apprendre que ma mère et la sienne étaient amies.
Que mon père va régulièrement la voir, et que Clay me regarde depuis trois ans, est un peu trop pour moi.—Je vais prendre l'air, je déclare en me détachant de ses bras.
Ses yeux s'inquiètent légèrement mais il hoche la tête.
—Tu ne réfléchis pas trop, hein ?
Il embrasse mon front.
—Je vais essayer, je réponds en ouvrant la porte de la chambre. Je vais voir Anna. Enfin je vais essayer de la trouver. On se voit ce soir ?
Il sort avec moi, et sa main trouve naturellement la mienne pour entrelacer nos doigts.
Il se penche à mon oreille :—Ce soir toi et moi ? Ou ce soir avec les autres ?
Sa voix séductrice me fait sourire.
—Nous avec les autres, Clay.
Il s'arrête dans le couloir et me plaque doucement contre le mur.
—J'aime bien le nous, souffle-t-il sur mes lèvres avant de les embrasser. C'est l'un des mots que je préfère le plus au monde.
Je passe mes bras autour de sa taille pour le rapprocher de moi. Il grogne de plaisir en fermant les yeux.
—Et quels sont les autres mots que t'aimes bien ? je le taquine en effleurant ses lèvres. Baiser ?
Il éclate de rire, avant de prendre mon visage dans ses mains. Ses yeux brillants sont si beaux que je me surprends à aimer son regard posé sur moi.
—Je préfère aimer, sursurre-t-il sans quitter mes yeux. Citron. Et caresser. J'aime caresser ton corps.
Ma poitrine se gonfle en entendant ses mots. Une tension sexuelle se réveille dans mes entrailles et je ne peux m'empêcher de lâcher un petit souffle de désir qui le fait sourire.
—Si tu continues de me regarder comme ça, je ne suis pas sûr de tenir ma promesse de pas te baiser ce soir.
J'aimerais lui répondre que je ne baise pas mais que je fais l'amour, mais la façon dont son corps est pressé contre le mien m'empêche d'aligner deux mots.
Toujours avec son petit sourire charmeur aux lèvres, il embrasse le sommet de mon crâne avant de reprendre ma main pour nous décoller du mur.
Pendant qu'on traverse le couloir, je tente de ralentir mon pouls cardiaque et les palpitations que ressens mon entrejambe.
On débouche dans le salon, et apercevons mon père avec Djibril et Anna installés autour de la table de bar de la kitchenette.
Des bouteilles de bières et des cartes sont devant eux, tandis qu'ils se disputent une paire d'As.Mon père est le premier à nous voir, et quand ses yeux atterrissent sur les mains entrecroisés de Clay et moi, son regard s'illumine d'une lueur.
Gênée, j'essaye de retirer ma main mais Clay m'en empêche. Au contraire, il la serre encore plus en nous dirigeant vers la table de jeu.
—Aies confiance en moi, me souffle-t-il à l'oreille. Respecte le deal de Captain America et de ta tortue. Comment elle s'appelle d'ailleurs ?
Je lui donne une petite tape sur le torse, son sourire s'agrandit.
Il me tire sur une chaise haute à côté d'Anna qui fait face à mon père et Djibril, et me place debout entre ses jambes, mon dos collé à son torse. Ses bras m'emprisonnent contre lui, et ce serait mentir de dire que je me sens pas bien blottie dans la chaleur de son corps.
—Comment trouves-tu la chambre de Clay, ma chérie ? lance mon père en lui faisant un clin d'œil. N'est-elle pas parfaite pour un petit nid d'amour ?
—Papa !
Djibril et Anna se tournent vers nous, et la surprise se lit sur leurs visages quand ils me découvrent dans les bras de Clay.
Mes joues rougissent encore plus, alors que Clay dépose un baiser dans mon cou.
—Anna, je bégaye la voix troublée de frissons. On peut aller faire un tour ? J'ai besoin...de m'éloigner de lui.
Je me détache un peu brusquement du torse de Clay, mais s'il continue de m'embrasser de la sorte, je ne suis pas sûre de pouvoir le quitter.
Les yeux de ma meilleure amie restent sidérés par la proximité de Clay et moi, j'attrape son coude pour la faire réagir. Elle descend de sa chaise haute, et j'évite de croiser le regard de Clay que je sens sur moi.
Je l'ai sûrement vexé, mais je dois absolument prendre de la distance avec lui pour remettre de l'ordre dans mes émotions.Anna a à peine le temps d'enfiler ses tongs, que je la tire à l'extérieur du mobile home.
Le soleil tape encore fort, même s'il est dix-huit heures passées. Je me couvre les yeux de la main pour ne pas être éblouie et commence à marcher droit devant moi.—Tu sors avec lui ? s'étonne Anna en me rejoignant.
—Je crois oui...
—Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Tu voulais le tuer y a une heure, et là vous débarquez en mode couple dans le salon ! Je...
Elle souffle, passe ses mains sur son visage, et la voir aussi perdue que moi me fait sourire. Puis soupirer.
—J'ai succombé, Anna. Je lui ai promis d'essayer avec lui. De lui donner une chance de voir ce que ça donne entre nous.
J'aperçois la pancarte « golf », je décide de tourner à gauche pour y aller.
Anna garde le silence pendant que nous traversons un sentier aussi luxueux que les autres, et je dois avouer que ce silence me fait du bien. Il me permet de réfléchir calmement à l'énorme connerie que je viens de faire.
Moi qui critiquait Anna et toutes ces filles faciles, me voici dans la même situation qu'elles.
À avoir accepté une relation avec un séducteur.—Je suis contente pour toi, lache Anna.
—Pourquoi ?
Elle lève les yeux au ciel, avant de planter son regard noisette dans le mien.
—On savait tous que vous finiriez ensemble, sourit-elle. Je suis juste un peu surprise que ça aille aussi vite. Je veux dire il quitte sa meuf ce matin et l'après-midi même vous vous mettez ensemble. C'est surprenant, mais génial !
—Je suis pas sûre que génial soit le bon mot, mais surprenant et rapide, ça c'est certain. Je suis conne Anna, allez dis-le.
—Pas du tout ! s'offusque-t-elle. Ça fait sept mois que t'es célibataire ! Alors si tu veux te mettre enfin avec lui, vas-y fonce !
Mon visage se ferme. Je baisse les yeux à mes pieds en réfléchissant à ses paroles.
Clay me plaît.
De plus en plus.
Et le fait qu'il m'ait montré sa figurine fétiche, a en quelque sorte balayé la mauvaise image que j'avais de lui.Je crois qu'il a une situation familiale vraiment difficile pour qu'il ait besoin d'avoir ce Captain America sur lui.
Je crois que lui et moi on se ressemble plus que ce que je croyais.On arrive sur le terrain de golf. Anna et moi montons dans les tribunes pour aller nous asseoir.
De nombreux golfeurs sont présents avec leurs femmes et leurs enfants. Il y a un parcours ludique sur notre droite, et un parcours pour les experts de l'autre côté. Un buffet est dressé à l'ombre, entre les deux parcours, et plusieurs jeunes filles se prélassent sur des transats juste en dessous de nous.
Cachées sous les branches de grands platanes, Anna et moi allongeons nos jambes pour se détendre.
—Et toi et Djibril, vous en êtes où ?
—Je crois que je suis amoureuse.
Je me tourne vers elle pour la fusiller du regard.
—En trois jours Anna ?! Mais merde, à quoi...